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CONDITIONS ET MODES D’ENTRÉE DANS LES PSYVHOSES


PEUT-ON DIRE: Il est devenu fou?




Pierre GORGES

 

A la suite de PINEL, FREUD et LACAN, quelques-uns d'entre nous reconnaissent encore la puissance de la Langue et journées d'étude « conditions et modes d'entrée dans les psychoses », je vous propose [i] de nous intéresser à ce que nous nommons: déclenchement.

Commençons par ce qui suit. Souvent nous repérons une proximité entre un délire et la survenue préalable d'un événement pouvant être vécu comme exigeant pour une personne. Cela rejoint l'introduction que fit LACAN du moment fécond en 1955, dans son séminaire [ii] Les Psychoses. Après avoir cité KRAEPLIN, LACAN enchaîne : « il me semble, mais je n'en suis pas absolument sûr, que c'est moi qui ait introduit la notion de moment fécond », il poursuit et souligne :

1° « ce moment est toujours sensible au début d'une paranoïa. »

2° « Il y a toujours une rupture, au contraire de ce que KRAEPLIN appelle : évolution continue, une crise vitale qui se rapporte aux relations externes à la personne. »

  « le délire se caractérise essentiellement comme un délire de relations. »

Un cas proposé [iii] par Marcel CZERMAK en 1978, paraît prototypique. Très succinctement, le voici.

(Cas1) Juste après avoir appris qu'il venait d'avoir un fils, un jeune militaire descend du ciel en parachute, atterrit et dit : « Je suis Dieu ! ». A trois ans, à propos de son père qui revenait de captivité, sa mère lui avait répondu : un père, ça ne tombe pas du ciel !
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Je propose alors ce qui suit. Si le moment fécond paraît bien lié à une crise vitale dans la vie courante, la raison de ce moment fécond ne peut être délié du fonctionnement de la structure psychique.

 

La consistance, ce en quoi consiste la structure psychique, dépend de la Limite qui la détermine et qui détermine donc, l'écart entre chacun de nous et le Monde. A partir de la clinique, nous constatons que la psychose ne supporte pas l'altérité alors que la névrose la supporte. Et il est bien concevable que la Limite qui détermine la psychose diffèrent de celle de la névrose.

Je vais donc parler de la Limite, qui n'est pas sans le Monde [iv] et de la structure qu'elle détermine.

La structure de la névrose nous est la plus accessible [v] et sert de référence. C'est par elle que je commence. Puis deux cas me permettront de caractériser la psychose. Puis je reviendrai enfin au déclenchement.

 

1   

La Limite tressée détermine la névrose.

 

La vie m'échappe! Mon quotidien m'oblige à admettre que beaucoup de choses m'échappent et me dépassent, à commencer par le Mouvement du Monde, dont le mouvement de la vie dans lequel je suis pourtant pris, comme je suis d'ailleurs, je suis pris au jeu de la Langue et dans les idées que j'imagine à chaque instant. Mais je constate que de ces trois réalités, j'en effectue spontanément l'association à chaque instant, c'est ce qui me permet d'aborder de la vie.

J'insiste pour faire remarquer ce qui suit. La Langue n'œuvre pas sans renvoyer à la représentation [vi] mentale que chacun se fait, moi comme mon auditeur, de ce qui se dit ou pourrait se dire, de ce qui se passe ou pourrait se passer etc. Sans cette élaboration réflexive personnelle, tout fuit : il n'y a ni fait, ni parole ! Chacun l'apprend dès l'enfance, d'abord de ses parents.breitling replica watches

Certes, la vie m'échappe ! Mais je tiens au Un :

- à Un lieu, mon corps (d'une topologie de trique réelle, non sans une vie, au cycle au moins circadien) ;

- je suis pris dans une logique à l'œuvre, s'exprimant dans une langue que je déroule en cycle [vii] ;

- et chacun ne s'y retrouve :

            . qu'à poursuivre sa [viii] proie, son objet,

            . qu'à se mesurer à La [ix] consistance du Monde.

 

L'échelle humaine.[x]

Que se passe-t-il à la croisée du fonctionnement de Monde et de mon fonctionnement ?

Le fonctionnement du Monde, ses orbites, ses vortex et ses cycles, promeuvent [xi] la Monde, donc moi aussi. Mais entre moi et le Monde, l'écart est radical [xii] !  Je ne vole ni ne soulève les montagnes. Et je ne peux appréhender le Monde que médiatement : pas sans le décrire ni me le représenter [xiii]. Conclusion, tant que je vis [xiv], l'accès immédiat au Monde m'est impossible. Et il est impossible qu'il en soit autrement !

Mon fonctionnement propre est le pas à pas : un détachement du sol, suivi d'un déplacement du corps, suivi d'un appui sur le sol et ainsi de suite. Ce qui m'inscrit dans cette logique discontinue là: une disjonction suivie d'une conjonction[xv], suivie d'une nouvelle disjonction etc. Ainsi, à chaque pas, une modulation ou une réorientation, est possible. Et tout cela ne va pas sans la mise en jeu de mon regard.

Indispensable à poursuivre mes fins, à commencer par la satisfaction de mes besoins, ce fonctionnement est le prototype du mot à mot de la Langue.

De plus, mon savoir faire de bipède sexué prédateur [xvi], me pousse à poursuivre ma proie, guidée par mon regard, pour aller m'en saisir au moyen de la main, puis l'incorporer.

Conclusion, cet accès non immédiat au Monde, rend possible le fait qu'il en soit autrement.

Et c'est donc, à la croisée [xvii] du possible et de l'impossible qu'il en soit autrement, que se situe l'échelle humaine.

 

Alors, qu'ai-je en commun avec le Monde ? [xviii]

 Avec le Monde, j'ai trois choses en commun : le Mouvement, la Limite, le Un.

   Le Mouvement qui me promeut comme il promeut l'Univers ;

   La Limite, qui est une butée réelle pour le Monde, le lieu où joue la seule logique qui s'impose à moi comme au Monde : la Logique duelle. Il y a ce qui est là, ou, il n'y a pas !  Corollaire, il est impossible qu'il en soit autrement.

Fonction de la Limite ?  Séparer deux choses qui deviennent alors, symétriques [xix]. La Limite fait ainsi du Monde, le véritable autre pour chacun. Et c'est le rôle des parents [xx] de faire que chaque enfant arrive à assumer l'altérité radicale du Monde.

    Le Un qui rend commensurable le Monde et moi ; la mesure commune étant : la Limite !

 

Un en trois !

Le Monde seul est un [xxi]. Moi, je ne peux que le poursuivre  [xxii], non sans mes trois abords de la vie.

Premier abord: le Mouvement, continu, limitée par le discontinu.

Second abord: la Langue, discontinue, qui renvoie à elle-même et renvoie aussi à autre chose, aux autres, au Monde, localisée par l'automatisme mental [xxiii]chez chacun, limité à la matérialité [xxiv] de la voix.

Troisième abord : l'Imagination, que structure la Langue et qui œuvre chez chacun pour, abstraitement se représenter ce qui se dit, ce qui se fait etc. Il s'agit là, de s'en saisir, de le comprendre, d'en faire Un.

Et ces trois abords de la vie sont commensurables entre eux, de n'être pas tout : d'être « troués ». Pour qu'ainsi troués de leur insuffisance, ils tiennent ensemble [xxv], LACAN nous propose une solution élégante : ils s'enchaînent borroméennement. Ils s'enchaînent par le trou de son voisin [xxvi], mais pas sans la consistance, la solidité de son autre voisin, qui n'est pas sans être prise dans le trou de son autre voisin et ainsi de suite. C'est ce qui met en commun le trou de chacun, en en faisant un seul et même Trou.

Ce trou tressé structure la névrose. Il est la consistance même de la Limite qui tresse notre structure et que tresse notre structure qui ne peut être sans être à l'œuvre.

Y joue un incessant jeu de taquin qui tient au fait que chaque abord appelle son voisin en suppléance, poursuivant ainsi, l'une des forme du Un : le plein, qui vise à  « objecter » [xxvii] au Trou, à le combler. Mais la structure n'est pas sans le corps de chacun, donc pas sans le cycle du besoin [xxviii], qui reforme alors le manque : le Trou, cette autre forme du Un !  Ainsi s'inscrit itérativement : le plein, le Trou, le plein, le Trou …

 

Ce nouage qui détermine le Trou tressé, est notre condition. [xxix]

C’est ce nouage dynamique du Mouvement, de la Langue et de l’Imagination ( R S I  pour LACAN ), non sans sa topologie torique, qui réalise l’inscription locale de chacun [xxx] dans le Monde, et l’inscription du Monde comme Tiers[xxxi] chez chacun. C’est la condition indispensable à la relation[xxxii] que chacun tresse avec soi-même, les autres et le Monde.

 

Conséquence: l'absent et la promesse

L'ergodicité de cette béance [xxxiii] au centre de notre structure est l’invariant pour chacun[xxxiv] et le point fixe pour l’humanité !

Ces contraintes structurelles n’empêchent pas la fécondité de la vie qui s’en suit, la richesse de l'invention qui s'en exprime. Car ce trou déterminé dynamiquement, fait appel à ce qui n’y est pas. Ce trou, notre manque, cerné par l'impossible, est nécessairement le lieu de l’appel au possible : à l’absent[xxxv], à ce qui viendra tenter d’y objecter. Mais le manque, cerné aussi par le Limite du pas à pas, est donc aussi le lieu de la promesse, voire de l’utopie ( névrotique ), là où le désir peut rejaillir, à condition de s’y employer[xxxvi], corps, parole et désir. (Ce que le pervers refuse de faire ).

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2 

La Limite tissée détermine la psychose. [xxxvii]

 

A partir d’une présentation de malade à Saint Anne [xxxviii] (Mme Leconte. Cas 2. ), j’introduis deux repères.

Premier repère.

Extrait de cette présentation, voici un échange :

Q                         Et votre papa ?                

Mme Leconte        Il est mort j’avais un an.

Q                         Vous aviez un an ?  Vous ne l’avez donc pas connu !

Mme Leconte       Un an !  Je l’ai connu un an !

De cet échange, que souligner sinon d’abord, cet usage imparable [xxxix] d’une logique des propositions :  « Il était là, j’étais là, je l’ai connu un an ».  Qu’en dire ?  Madame LECOMTE présente ainsi ce qui est là, au moyen de la Langue, en fait, au moyen de la SIGNIFICATION de la Langue : c’est évident, il n’y à rien de plus à dire [xl] !

C'est notre premier repère.

Second repère.

Notons de la part de l’interlocuteur (Q ) cette remarque-ci : Vous aviez un an ?  Vous ne l’avez donc pas connu !  Or cette évidence, Madame LECOMTE ne la partage pas. Pourquoi ? C’est notre second repère. Le cas suivant va l’éclairer.

(Adrien. Cas 3.) Dans un contexte de vacances, un jour de pluie rassemble six enfants dans la maison de l’une des familles. Pour le Jeu des métiers, les enfants regroupés par deux, ont, sans le nommer, à mimer  un métier qu’ils auront préalablement choisi dans leur coin. Puis, les autres auront à deviner de quoi il s’agit. Cela posé, après un conciliabule un peu long, Adrien 6 ans, le plus âgé du premier groupe, revient et se met à courir.

-  Coureur à pieds !  sort en premier de la petite assemblée des spectateurs.

Tout le monde cherche …

-   Coursier !

Non !

-  faire ses courses !

Non !

Tout le monde cherche … Puis Adrien finit par dire, sur un ton péremptoire : courir !

Alors, tout le monde : mais ce n’est pas un métier !  Robin, le plus jeune des deux, reprend sur un ton de complicité avec le groupe : oui, mais on avait choisi : footballeur !  Se référant à l’évidence à un jeu réglé par : un comment et un pourquoi. Le reste du groupe dont Hortense et Clotilde, un peu plus âgées, répètent à Adrien qui continue à courir : mais ce n’est pas un métier ça !  Adrien finit par s’arrêter, se fige sans mot dire : perplexe !

Je me rappelle encore mon étonnement et mes interrogations face à ce  : « courir » qui ne renvoyait à rien d’autre. C’était la signification, sans renvoi à ces questions : comment,  pourquoi ?

Adrien se montre ainsi :

-  capable de dire le mot : courir,  d’exécuter l’activité  : courir ; donc capable de lier mouvement et mot ;

-  mais INCAPABLE D’IMAGINER, d’abstraitement se représenter la différence entre courir sur un cours de tennis et courir sur un terrain de football ; c’est-à-dire incapable de donner un sens au mot ou au mouvement, sens qui se réfère à d'autres règles [xli] que celles de la seule grammaire de la Langue, ou au seul verbe : courir !

 

Un en deux. [xlii]

Ainsi, œuvrent, comme dans la névrose, le Mouvement du Monde et la Limite :

-   Limite, ce un qui rend commensurables le Monde et chacun de nous ;

-   Limite qui fait du Monde la véritable altérité pour chacun ; qu’on le veuille ou non !

Mais, sans la représentation abstraite ( désignée de Vorstellung Repräsentanz, par FREUD ), sans pouvoir se représenter ce qui arrive, chacun ne dispose que de deux abords de la vie   :

-   le Mouvement, continu, limité par le discontinu ;

-   la Langue, discontinue, localisée par l’automatisme mentale [xliii] de chacun, limitée à la matérialité de la voix.

Et, à la différence de la névrose, la Langue ne renvoie qu’à elle-même, mais pas à autre chose, puisqu’il n’y a pas de représentation abstraite possible et par conséquent, pas d’altérité :

- pas de Tiers [xliv] ;

- pas de sens à ce qui se passe, à ce qui s’est passé ou pourrait se passer.

Donc la Langue n’a à voir, qu’avec ce qui est présent [xlv]: la signification de ce qui est là. Madame LECOMTE et Adrien nous le montrent.   

Mouvement et Langue, commensurables puisque limités donc « troués », tiennent ensemble sans troisième, donc sans Trou commun. La consistance d’un abord ne peut que s’enchaîner [xlvi] au trou de son voisin. Ces deux abords ainsi face à face, sont liés par ce qui leur est commun et axial : la LIMITE.

 

La Limite tissée non sans le mouvement du Monde, détermine la structure de la psychose. [xlvii]

Cet enchaînement de la Langue avec le mouvement du Monde détermine la structure, accordée à la topologie du strict face à face : la Surface Bilobée[xlviii]. En ce lieu, la Limite de la Langue renvoyant à « son trou », appelle le plein, la solidité de son voisin : la promotion réelle du Mouvement, dont le trou sollicite alors le plein de la Langue : son pas à pas. Puis en retour, la discontinuité de la Langue fait appel au continu de la promotion réelle et ainsi de suite, en un va et vient : en un tissage. C'est ce qui détermine la psychose   et élimine toute possibilité d’inscription de l’altérité [xlix] dans la structure.

 

Conséquent. [l]

Par conséquent d’être sans tiers, la psychose met en jeu [li] : l’alternat, la découpe langagière, le duel et l’Utopie.

  Y agit l’alternat : jaculation vitale d’un côté, chute des corps de l’autre.  Ce qui promeut, par exemple :

- deux tendances : mélancolie ou paranoïa ;

- deux phases : dépression, manie ; dépression, manie … ;

- un mode alternatif, l’un lent : maniaco-dépressif, l’autre rapide : dissociatif ;

-  ( et probablement des associations de ces modalités-là  ).

  Prime la Langue qui DECOUPE, MORCELLE et JUXTAPOSE le corps et tout ce qui nous entoure. Voici une situation qui le montre.

Troisième repère.

( Retour au Cas  2 ) Tout au long de l’entretien avec Madame LECOMTE, nous avons eu affaire à une juxtaposition de personnes, de situations [lii] et de mots, EN  SYMETRIE ( en duel ). Elle nous confie en passant : Eh ben, quand vous êtes tirée à droite, tirée à gauche que vous ne pouvez pas faire quoi que ce soit, vous êtes devant l’évidence que vous ne pouvez pas manger…  C’est pas des voix ! …  C’était, je suis tirée, j’étais tirée physiquement…  C’est les muscles qui vont pas du tout, les muscles qui me font souffrir ...  .

Ainsi, l’« univers » de la psychose se présente comme une contiguité de mots, de choses et de situations, impuissante à porter la métaphore, incapable de supporter la succession signifiante,  la cause et l’intention.

  Troisième conséquent : le duel [liii]  est la seule réaction possible à une sollicitation externe à la personne ( : un appel ou bien l’advenue d’un geste, d’une parole, d’un évènement … ). Puisque non représentable dans la structure, l’altérité  n’a pas lieu d’être [liv], où que ce soit. Remarque. Ainsi, même hors structure, l’altérité relève de l’Utopie ; ( et la personne prise dans le psychose n’a pas lieu d’être [lv], non plus ).

Alors, deux réactions possibles :

- si la sollicitation externe paraît xénopathique, elle « provoque en duel » ;

- si la sollicitation externe paraît sympathique, elle appelle [lvi] à combler la béance ; j'y reviens au chapitre : Déclenchement.

 

Conséquence.[lvii]

A l’appel, répond ce qui d’abord, est présent : la Langue.

  C’est l’enchaînement de signification de la Langue [lviii], qui fait description ;

  C’est cet enchaînement qui fait enchaînement causal ; exemple : je l’ai connu un an !

  Sans abord imaginaire qui permette de se saisir de l’Universel et de l’attribuer à quiconque, courir, pour Adrien, reste un universel non attribué : une signification, rien de plus ;

  Et quand la signification fait défaut ?  C’est la perplexité ou la dépression mélancolique, voire, la chute du COTARD !

A l’appel de l’extérieur peut répondre aussi le « pur » délire : cette réaction relevant manifestement de l’utopie. Je vous en donne un bref exemple dans un instant. Et je souligne avec insistance, ceci : cette réaction à l’appel se déploie comme conséquence de la structure [lix] : HORS STRUCTURE, exactement comme le Symptôme de la névrose.

LACAN nomme Sinthome [lx] cette élaboration langagière qui tient lieu de représentation. Mais c'est un lieutenant, en conséquence de la structure. C'est un délire [lxi]. Il ne peut en rien suppléer à une capacité de représentation mentale abstraite réflexive. En un mot : le délire ne peut en rien suppléer à l’Imaginaire, qui reste irrémédiablement forclos de la psychose.

 

3 

Déclenchement. [lxii]

 

Extrait du « Journal d’un fou » de Nicolas GOGOL.

(  Cas  4. )  A présent, nous pouvons aisément situer l’extrait suivant du « Journal d’un fou ». Nicolas GOGOL y écrit le 5 décembre 1833 : « J’ai lu les journaux toute la matinée, il se passe de drôles de choses en Espagne, on dit que le trône est vacant et que cela provoque des émeutes. »  Quelques jours plus tard, il y écrit :  « Aujourd’hui est un jour de grande solennité. L’Espagne a un roi. On l’a trouvé. Ce roi c’est moi. » Et il ajoute. « Ce n’est qu’aujourd’hui que je l’ai appris. J’avoue que j’ai été brusquement, comme inondé de lumière ! … Maintenant tout est clair. »  Ainsi, la cause immédiate du déclenchement : « le trône est vacant », apparaît bien en relation avec l’extérieur : « En Espagne, on dit que le trône est vacant ».

A partir de là, que s’est-il déclenché ?  L’inexistence du tiers pour la structure, fait que : « Le trône est vacant », cette sollicitation externe à la personne, est vécu comme un appel immédiat ( sans media : sans tiers, un rapport avec le Réel, le Mouvement ). C’est l’action !  Et symétriquement, de l’autre côté de la Limite, il y a la réaction de GOGOL Voilà le déclenchement.

Cet appel externe déclenche ce que LACAN nomme : moment fécond ; constitué de deux parties qui n’œuvrent pas l’une sans l’autre :

-  première partie, le Mouvement mis en jeu par le corps : GOGOL s’y précipite ; et il s’en suit ceci :   « l’Espagne a un roi, on l’a trouvé … » ; remarque, en cette occurrence-ci, le Mouvement n’a pas donné lieu à d’autres agissements, extériorisés [lxiii] ;

-  seconde partie, la Langue elle-même donne corps au délire ; en l’occurrence il s’agit bien d’un délire de relation avec le royaume d’Espagne : « Ce roi c’est moi » ; il s’agit d’un propos inconséquent, car, s’il ressemble à une mise en relation imaginaire, il s'agit, constatons-le, d’un pur enchaînement de significations, donc, nullement d’une suppléance à la consistance signifiante « trouée », de l’Imaginaire.

 

Suppléance parentale. [lxiv]

 

« La structure psychique, ça ne tombe pas du ciel ! ».  Il y faut la mise au monde de chaque enfant. Le Mouvement et la Langue, tôt à acquérir par l’enfant, l’éducation à la vie humaine comporte une autre difficulté : l’apprentissage de l’altérité. Il s’agit d‘admettre et faire face à ce qui véritablement et d’entrée de jeu, existe à chacun : à ce qui est ailleurs, à ce qui en vient, à ce qui échappe et alors, appelle. Cette part de la mise au monde n’est pas immédiate et commence au plus tôt.

FREUD nous en a averti : le jugement d’existence ne vient que dans un second temps, bien après[lxv] le jugement d’attribution du prédateur qui œuvre dès la névrose infantile. Le jugement d’existence [lxvi] ne se peut que soutenu par la représentation abstraite, imaginaire, chez chacun. En vue de cette acquisition cruciale pour la vie, les parents au cours de l’éducation y suppléent pendant un certain temps.

Après ce temps de suppléance orthétique ?  Ou l’altérité est en place et c’est la névrose[lxvii], ou l’altérité n’est pas en place et c’est la psychose.

  Retour au premier cas, prototype du déclenchement.  (Cas 1).  Atterrissant en parachute, « Je suis Dieu! » dit ce jeune militaire en réaction au fait d’apprendre qu’il avait un fils. Chez lui, le mot fils a vraisemblablement fait appel [lxviii] symétriquement, au mot père, qui a renvoyé à ceci : ma mère dit « qu’un père, ça ne tombe pas du ciel ». Les réponses parentales jusque là, lui avaient permis de faire face aux questions que pose la vie. Mais à présent, cette novation : ce fils face au père « qui ne tombe pas du ciel…», appelle celui qui descend du ciel: Dieu [lxix]. Et le fait que Dieu ne soit pas là, appelle [lxx] la suppléance délirante: « je suis Dieu ! ».

 

 

4 

Pour terminer, sans conclure, trois remarques. [lxxi]

 

Peut-on perdre le raison ? [lxxii] La psychose n’est pas sans raison et il s’agit de ne pas jouer l’exclusion.

Il a une case en moins ? Peut-être peut-on le dire, puisqu’il y manque l’Imaginaire.

Peut-on dire : il est devenu fou ?  Le « pur » délire ou Sinthome, est une expression de la structure. C'est une conséquence du fonctionnement de la structure de la psychose : c’est une production de la structure. Il importe de l’en distinguer.

 

 

P i  e r r e   G O R G E S                                      1° février 2014     20 mars 2014

 

 

 

 



[i] Au titre de : Peut on dire : il est devenu fou ? à partir de quatre cas,  il s'agit d'un propos synthétique au fondement de s psychose. Propos qui n'oublie pas les aliénistes, la psychiatie avec PINEL, KREAPLIN, FREUD et LACAN et bien d'autres encore.    

[ii]  pages 26 et 27 du Séminaire Les Psychoses, publié au Seuil. Le titre complet du séminaire de 1955 1956 était  : Structure freudienne des psychoses.

[iii] Lettres de l’Ecole freudienne N° 21

[iv]  La limite, qui n'est pas sans le Monde, détermine la structure psychique.

 Si la psychanalyse n’est pas un conception du Monde, elle ne peut, comme chacun de nous, exister hors du Monde.

[v]                                                             1  La Limite tressée détermine la névrose.

Après FREUD et quelques autres, puis LACAN qui a mis en lumière et nommer trois réalités repérables à chaque instant : Réel, Stmbolique, Imaginaire, R S I., il semble que nous puissions à présent simplifier et désigner la structuration de référence : R L + I  ou R S + I  ( de LACAN ) : nos trois abords de la vie. ( Je propose depuis longtemps, de l'écrire : R 1 L ◊ I  ( R carré L poinçon I ).

Constituée de deux réalités : Le mouvement Réel de la vie, la Langue, ( le Symbolique de LACAN ). Il s'y ajoute consciemment l' Imaginaire, que chacun de nous fait fonctionner ( borroméennement ), pour se repérer, pour agir. Mais de cette structuration nous n'en obtenons jamais une satisfaction durable ; il en reste un trou. Ce mode, de la névrose, est efficace pour mettre chacun en face de ce quelque chose qui manque toujours ( a ) et ( J ).  ( C;f; RSI, notre Trilogie à l'œuvre, 30 08 2012  ou 10 01 2013  )

[vi] Le Vorstellung freudien, œuvre chez tout névrosé.  Sans cette inscription là, la parole et son propos, ne peuvent que fuir. Avec cette inscription parler peut mener à la saisie, au un. ( I permet S  --> 1 )  et  à  L’identification  Jacques LACAN séminaire 1961 1962.

[vii] ( En présence : Une trique du corps en vie et une localisation de la Langue à l'œuvre, l’un dans l’autre physiquement . Comment ça passe au borroméen ? même  si I vient saisir-soutenir le Un de la trique ?  )

[viii] Vraisemblable fondement de la primauté du jugement d’attribution, inventé par FREUD.

Quête auprès du Monde : objet a, représentation, jamais plus immédiate que la proie, ( C.f; La Relation d’objet  ( La relation à l’objet ), Jacques LACAN Séminaire 1962 1963. )  « Quête du Graal » : Quête de l’objet déjà connu, du Paradis perdu. …

[ix] Indispensable Un. (  Reprendre : Monothéisme , Calendrier Grégorien 1582 ; tous les chemins mènent à Rome ; mètre étalon …)

 [x] L'échelle humaine.

[xi] Ce qui me met au courant du monde, et m’emploie dans ses mouvements, ses rotations.

[xii] Lorsque LACAN répète : « il n’y a pas de rapport sexuel », je suppose que nous parlons de la même chose.

[xiii] donc pas sans nommer et raconter ( mythe ou théorie : même tonneau )

[xiv] Tant que je vis, « il n’y a pas de rapport sexuel » avec le Monde.

[xv]  disjonction qui relève de la logique duelle et conjonction, qui ne se peut sans le Mouvement progrédiant  du Monde.

[xvi]  N’oublions pas DARWIN !

[xvii]  A la croisée des chemins, croisée des fonctionnements : ( d’ où : commensurabilité  ) A la croisée du continu et du discontinu.: Conjonction, puis association : névrose ; seulement conjonction : psychose.

[xviii] Alors, qu'ai-je en commun avec le Monde ?

[xix] réglé par le logique du tiers exclu, logique de l’invention..

[xx] Parents soutenant une place d'exception, pour chaque enfant.

 

Un en trois !

[xxi] Un fermé ou un ouvert : ?

[xxii] Alors, d’où vient cette opposition dans la communauté des analystes,, du moins cette résistance, à admettre d’aborder les propositions de LACAN dans leur dynamique ?  Car c’est de cette manière qu’on saisit le moment RSI  qui est le point de son enseignement où LACAN aboutit à cette structuration trinitaire ( R.S  : la Structure  de base  +  I : l'Imaginaire ). C'est le mouvement trinitaire non sans son tore, effectivement à l’œuvre chez  tout névrosé.  ( RSI, notre trilogie à l’œuvre,  10 01 2013, l'explique ).

Trinité prise, n’en doutons pas, dans la tradition de notre culture chrétienne, au faîte de laquelle trône cette trinité borroméenne : Père, fils et saint esprit. Donc RSI peut bien se présenter comme l’ébauche du fonctionnement universel de la névrose. Ce qui alors, peut faire notre référence.  (( Structuration trinitaire : R promeut S qui  tourne  == >  I => un trou pour une suite  vers ou a ou J  )).

[xxiii]  Automatisme mentale. Constat : la langue au moins inconsciemment,œuvre chez chacun ( vraisemblablement déjà sous forme de sa Langue maternelle ) et le règle. Chacun est ainsi employer à entretenir la Langue, ( sous forme vraisemblable de : R & L, à l'œuvre   (: R & S de LACAN ). C'est la structure psychique de base : face à face orbital et automatique de la Langue face au Réel. ( structure non encore jouissante, donc en souffrance   ). Pour être effectif, ce système nous mobilise tous. Il requiert de chacun le fonctionnement du corps et de la Langue. Située un croisement avec le Monde, cette structure dynamique ( R & S ), passe par chacun et renvoie chacun au Monde de la façon suivante :

- directement en produisant la mise en œuvre de son Imaginaire, lorsqu'il existe et à travers ce qui s'y conçoit, renvoie chacun à son objet  ( a cause du désir )  ;

- à travers le corps, cette dynamique renvoie chacun aux éprouvés de son corps ( J ).

[xxiv]   La Langue : circulation qui boucle et peut festonner. Un rond : Le Chiffre : zéro des indiens Représentable par le signe de l'infini.

[xxv]   Un nouage, un nœud.  L’homme ne s’y retrouve qu’à tenir au un. LACAN le sait, Encore, son séminaire de 1972 en témoigne.

[xxvi]   Seule la borroménnéité importe, c’est-à-dire : le trou qui par son fonctionnement de renvoi identique, est commun aux trois consistances : nouées d’être trouées, trouées d’être nouées. ( « To pantreton », décembre 1990  et : RSI notre trilogie à l’œuvre )

[xxvii]   Sous forme d’objet, d’éprouvé de jouissances, de sens etc. LACAN  les présente explicitement dans les espaces laissés par ses mise à plat du Nœud  ( C’est une forme du Un ---> J phallique ; l’autre forme : Trou  --->  J ( A ) ). Surtout, ce que nous connaissons bien dans la vie quotidienne. Le Trou, relançant aussi du côté du hors sens, parfois poétique …

[xxviii]  Prédateur, je tends vers le un : ma proie, je cours après ce qui me manque. Or, sauf à mon retour à la terre, à mon retour à l’inanimé, selon FREUD, le manque, cause de la poursuite, a une limitation : la réplétion. Je n’arrive jamais eu Un que de façon éphémère : jamais définitivement rassasié par ma proie, par mon objet, par ma jouissance et jamais vraiment comblé par ma Mère ou ses substituts. Ma poursuite se conforme à cycle-ci : déplétion ressentie, chasse, saisie, réplétion, assimilation, déplétion etc. Ce qui a comme conséquent l’itération du cycle de la poursuite.

Le Trou, relançant possiblement aussi, du côté du hors sens, parfois poétique …

 

[xxix] Ce nouage qui détermine le Trou tressé, est notre condition.

[xxx] le Trou tressé, est notre condition de névrosé. L'inscription locale  de chacun se fait ssous forme d’un tore …

[xxxi]  Tiers, ( dont l'un des avatars est le : A barré  lacanien.  )

[xxxii]  La relation et non le rapport.

Conséquence : l'absent et la promesse

[xxxiii] Qui ne s’exprime pas délié de la contrainte de son espace topologique : le tore.

[xxxiv] Trou : « lieu de la cause » dit Michel JEANVOINE. Cause tout court  probablement ( « Si grand que soient les rois, ils sont ce que nous sommes »  remarque Pierre CORNEILLE )

[xxxv]  lieu de l’absent, aussi bien de la proie possible que de l’intouchable immédiatement, du sacré ; la névrose supportant et requérant la foi !

[xxxvi]  Corps et désir. Un exemple parmi des millions. Michael PRETORIUS, fait jouer en 1619 une composition musicale Hallelujah Christ ist erstanden, de stile concertato, d’une grande allégresse ( extrait d’une composition plus vaste ( Polyphymnia caduceatrix et panegyrica. ( diffusion F musique 17112013 ) Sacrées musiques.

 

[xxxvii]    2  La Limite tissée détermine la psychose.

Il y a nécessairement un fondement commun aux différentes formes de psychoses. La psychose relevant de la stricte structure duelle de tout être humain : R + S , En l'absence d'Imaginaire, cette structure se supporte d’une surface bilobée et non du Tore.

(  Remarque. Avec RSI, LACAN contribue au fait que nous puissions poursuivre après lui. )

[xxxviii] Extrait d’une présentation de malade à Saint Anne  à l’amphithéâtre Magnan,   24 octobre 1990,  2 février et 20 mars 1991.  Extrait de  Peut-on perdre la raison? journées des 8 & 9 juin 1991 Association freudienne : L’usage en clinique de la topologie,. 

[xxxix]  Comme souvent les psychotiques le manifestent.

[xl] Et ce n’est pas le Symbolique mais le sens, qui y est défaillant,  c'est donc l’Imaginaire, qui fait défaut !  ( Je l’explique aussi a contrario, au chapitre : Imaginaire, dans : RSI notre trilogie à l’œuvre. )

Cette présentation, différente de celle de LACAN dans Le Sinthome, est fondée sur mes travaux depuis trente ans et sur le fait que la pratique ne les a pas démentis.

[xli] Incapable de mimer car mimer renvoie à une parole non dite ( absente ) par celui qui mime : qui représente la représentation mentale que chacun peut se faire des choses, des situations … Ce qui alors requiert la représentation que se fait le spectateur …

[xlii]   Un en deux.

[xliii] Automatisme mentale ( Voir note précédente : Automatisme mental.  ). Constat : chacun est employé à entretenir automatiquement la Langue, au moins inconsciemment, sous forme du fonctionnement nécessaire de la structure psychique de tout être humain : le face à face orbital de la Langue qui renvoie au Réel ( R // L  ou R & S ; que je propose d'écrire R 1 L : R carré L ). Ce qui requiert:

- le fonctionnement de la Langue stricto sensu : sans aucun renvoi reposant sur une représentation imaginaire ;

- le fonctionnement et les éprouvés premiers du corps ( J ).

[xliv] Tiers qui est toujours « tiers exclu », puisque toujours à venir ou plus là.

[xlv]  Ce qui « fait foi ».

[xlvi] Un nouage : un nœud. L’homme ne s’y retrouve qu’à tenir au un. LACAN le sait, Encore, en 1972 en témoigne à chaque chapitre.

[xlvii]  La Limite tissée non sans le Monde, détermine la structure de la psychose.

[xlviii]  La bilobée propre à la psychose ( un tube qui « se croise les bras » ) détermine un espace qui n’est nullement plongée, comme peut l’être la Bouteille de KLEIN. . Voir Peut-on perdre la raison ? Avertissement. Prière de ne pas prendre en considération la surface de BOY et son usage tel qu’elles sont présentées en 1991. Voir Conjecture concernant la Surface bilobée.( bis ) Pierre GORGES 10 août 2010. Voir aussi la Bouteille de KLEIN associé au cas présenté par Marcel CZERMAK au cours de journées en 1991.

[xlix]  Inscription locale  de chacun sous forme d’un surface Bilobée.…

[l]   Conséquent.

[li] au lieu de la division subjective …

[lii] Juxtaposition, sans hiérarchie ; juxtaposition qui me fait aussi prendre de la distance au regard du seul usage de la mise à plat

[liii] Le duel : la réaction en symétrie.

[liv]  Ainsi, le Monde n’a pas lieu d’être dans la psychose et symétriquement le psychotique n’a pas lieu d’être dans le Monde, sauf sur un mode utopique. Utopie au sens étymologique : sans lieu. <=>  Impossible lieu du tiers

[lv] ( A la fin d’un colloque en 2006, intitulé : Invention et suppléance : une clinique de la psychose ?  Charles MELMAN énonçait ceci : Nous allons supposer que ce dont souffre le paranoïaque, c’est:

- 1° de son inadmissibilité sur la scène du Monde,

-  je veux dire 2° qu’il se trouve interdit de séjour. ( C’est le point que vient d’évoquer Stéphane THIBIERGE,) il n’a pas le droit de représentation sur la scène du Monde.

- 3° Cet état est lié au fait … la mise en place défectueuse ou absente de l’instance qui ordonne et autorise les représentations : le Vorstellung Repräsentanz.

Aujourd’hui je reprends cette supposition. Mais, le Monde n’interdisant ni ne donnant droit, c’est le psychotique qui n’admet pas le Monde. Il ne le peut pas, nous l’avons vu, il n’y a pas de représentation, pas de Vorstellung abstraite dans cette structure. )

[lvi] L’extérieur qui provoque la perplexité, malgré tout produit le vide qui appelle;  « l’Extérieur »,  que ce soit « l’abîme » cotardien, « l’autre »  inexistant, « le Monde » énigmatique … …

[lvii] Conséquence.

[lviii] Ce qui s'impose d'abord, c'est la signification, cette manifestation apophanique dont parle Klaus CONRAD et que rapporte Jean GARRABE dans son texte récent : Schizophrenia incipiens. Et remarquonns aussi que, par exemple, si la signification s'impose, le tout premier jugement, le Jugement d’attribution, selon le repérage de FREUD, n' est pas même possible 

[lix] L’utopie psychotique : le délire, le sinthome, est une expression hors structure, du fonctionnement d’une personne prise dans la psychose ( R S ), exactement comme le symptôme est pour le névrosé ( R S I )  une expression caractéristique, hors structure.

[lx] Sinthome qui chez JOYCE ne supplée en rien à l’Imaginaire et permette une chaîne équivalente au fonctionnement de la névrose..

[lxi] Le délire est à l’aune  de l'autre qu'est le Monde.

 

[lxii]     3  Déclenchement.  ( hypothèse )

[lxiii] acting out.

[lxiv]    Suppléance parentale. 

[lxv]  RSI, notre trilogie à l’œuvre, Chapitre l’ Imaginaire pour la mise en place du Vorstellungsrepräsentanz.

[lxvi]  Tant que la consistance, ou si la consistance de la Limite n’est pas acquise de façon tressée chez quelqu’un, c’est un autre qui y supplée en prenant les rennes. Pour chacun durant la prim ''’ enfance, cet autre consiste5 du fait de ses Père et Mère. Ce temps de suppléance orthétique, fait normalement accéder à la névrose infantile : où la suppléance du troisième terme, celui de l’altérité, est d'abord incarnée par la mère.

[lxvii] Un bémol parfois. La Limite tressée peut être acquise mais l’engagement qu’elle implique est rejetée sur les autres, qui alors, doivent se substituer à la mère. C’est la névrose infantile qui peut se stabiliser en fonctionnement pervers si fréquent de nos jours.

[lxviii]  Appelant ou requérant une Imputation, mais produisant une réaction symétrique, logique, au lieu d’une Imputation liée à une intention ou à une cause.

[lxix] et probablement Dieu le Fils, envoyé par le Père.

[lxx] provoque en symétrie

[lxxi]  4  Pour terminer, sans conclure. Trois remarques.

[lxxii] Peut-on perdre la raison?   Association freudienne.  L’usage en clinique de la topologie,  journées des 8 & 9 juin 1991.



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- Auteur : GORGES Pierre
- Titre : PEUT-ON DIRE: Il est devenu fou?
- Date de publication : 31-03-2014
- Publication : Collège de psychiatrie
- Adresse originale (URL) : http://www.collegepsychiatrie.com/index.php?sp=comm&comm_id=154